Des golfeurs qu’on croirait professionnels
Le
golf au Québec se voit constamment renouvelé par la variété
de talents. Hugo C. Lauzon, vingt ans, impressionne les spectateurs et
les plus férus professionnels : avec un score de -6, il remporte
haut la main la coupe d’argent de l’invitation VIA Rail Canada.
Il obtient un score de 67 le jeudi, avec un cumulatif de 138 (71 le mercredi).
Ben Boudreau, professionnel en titre, le suit avec -2 — ex æquo
avec Philipe Dupuis, un autre amateur.
Pour la division féminine, Marie-Josée Rouleau ressortait
première (formule Vegas). Daniel Talbot fut le champion de la division
senior et ce fut Pierre Dugas pour les super seniors.
Une étoile montante du golf
À regarder Hugo, on croirait qu’il a cinq ou dix ans de
plus. Il a le visage aussi buriné que celui de Boudreau qui a séjourné
tout l’hiver en Floride, pratiquant son swing.
Une prestance doublée d’une aisance enviable.
Ceux qui ont suivi le champion le savent. Il s’agit d’une
force de la nature pour les coups roulés. Des 25, 30 pieds, amenez-en.
Le premier trou (un roulé de 15 pieds en descendant) donnait le
ton pour le reste de la journée. Oiselets aux 1er-5e-7e-9e-10e-11e
trous. Si ce n’était d’une balle injouable dans la
forêt au 14e, il aurait fini avec un score de -7.
Avec une aussi grande avance, c’est difficile de rester concentré
: « C’est sûr que tu as du stress avec -6 dans ta game!
Ça l’a commencé au 14e trou. Je jouais de la même
façon, mais ton subconscient essaie de te protéger.»
Un pedigree exceptionnel
Peu de joueurs peuvent se vanter d’avoir gagné le Spring
Open à 17 ans en jouant 63. Premier, en plus du record du plus
jeune joueur à avoir gagné le tournoi. Sans compter qu’il
a remporté le Junior Master à Buffalo et le Championnat
Match Play Junior du Québec. Autodidacte au golf, il n’a
même pas de coach actuellement!
Espérant aller bientôt au HEC en business, cet étudiant
de l’Université de Montréal fait également
parti des Carabins comme golfeur. «Depuis l’âge de 17
ans que je fais les tournois de pros. Le Fontainebleau, c’est une
belle occasion pour les amateurs. Tout allait bien. Je frappais bien la
balle, je faisais de bons roulés. Ça l’aurait pu être
bien plus bas!»
Le champion Honda & la bourse Budlight
Ben Boudreau n’avait que d’éloges pour la jeunesse.
«C’est bon qu’un jeune gagne comme ça. Très
positif. Il vient de perdre un paquet de pros.» Sans une once de
jalousie, le golfeur confiait sa joie de voir les succès de la
relève au Québec — il faut souligner que les amateurs
ne peuvent remporter les grosses bourses du tournoi. Hugo Lauzon obtient
un montant de 400 dollars, alors que le professionnel de 49 ans et demi
(presque senior) collecte 7000$ pour la division Budlight et 1325$ pour
la division Honda.
Jouer au golf comme au poker
Néanmoins, de tels succès motivent les autres amateurs.
Le professionnel a vécu, quant à lui, «une game assez
drôle». Ce qui commençait au 2e avec un oiselet a failli
mourir dans l’œuf : Boudreau fait un double au 4e. Il se reprend
avec un oiselet pour le 7e, 8e et 11e, suivi de deux bogueys pour le 12e
et le 15e, puis d’un aigle au 14e, d’un oiselet au 16e, retour
du boguey au 17e… Une performance de golf en dent de scie! Il y
avait de quoi faire grincer les dents. Chaque trou était comme
une nouvelle carte dévoilée au poker hold’em, changeant
à tout coup la donne.
La Floride? C’est pour le golf, ma chérie
Selon Boudreau, passer l’hiver en Floride aide beaucoup. Le soleil
donne du courage et permet de garder la main pour le retour estival. Remerciant
son commanditaire le groupe Vert Dure, Ben Boudreau était convaincu
que le fait de pratiquer l’hiver a enfin été payant
: en témoigne sa performance d’aujourd’hui. Au niveau
du Québec, le professionnel a gagné peu de tournois. Il
s’agissait pour lui d’une première fois pour le circuit
Budlight.
Pour la dernière journée du tournoi, les 7110 verges du
golf de Fontainebleau étaient inondées de soleil.
Pascal Gagné
Journaliste, Accès Golf.com
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