 Deux scores records pour la dernière
journée
Le tournoi des Maîtres Cage au sport voit sa conclusion sur une note
d’exception : Remi Bouchard finit avec un cumulatif de -13 sous la
normale pour la dernière journée de la compétition;
un score de 67 la première journée, de 72 la deuxième,
et un record de 64 la troisième (ex-æquo avec Benoit Lemieux)
pour une normale de 72. Il remporte ainsi une bourse record de 12 000$.
C’est le seul titre que le champion de calibre international n’avait
pas eu sur la scène québécoise.
Le golfeur a enfilé les birdies en cette dernière journée.
Il en cumule 9! (2e, 5e, 6e, 7e, 8e, 11e, 13e, 15e & 17e trou). Si ce
n’était d’un boguey au 12e et d’un putt manqué
par un pouce au 18e trou, il aurait encore fait mieux! Rémi Bouchard
était concentré tout le long du match, offrant aux spectateurs
une constance et une précision digne de mention. Il a ainsi gagné
par huit coups, Ben Boudreau, Martin Plante et Kevin Sénécal
étant les deuxièmes avec -5.
Les facteurs de son succès au golf
Rémi
à ses raisons, qu’il explique par deux facteurs.
Primo, il est revenu à son ancien swing (un élan naturel
plutôt que technique). Au lieu d’avoir des trajectoires parfaites,
il se concentre sur un simple point: ne pas bouger la tête. «
J’étais un des meilleurs drivers avant parce que je frappais
droit, même si ce n’était pas loin. Avec mon autre
élan, je manquais de confiance. »
Secundo : avoir son fils pour caddie, affirme-t-il, est le meilleur conseiller
qu’il peut avoir pour putter. Au 10e trou, Bouchard a sauvé
une normale grâce à un coup roulé de vingt pieds.
« C’est de regarder le putt, de le lire et d’arriver
à un consensus avec son Mathieu [son fils]. Ça m’enlève
la pression d’y aller à peu près. » Le tandem
se concerte et évalue le vert. D’ailleurs, il est rare que
son fils se trompe. « On est plus peureux quand on vieillit. Les
jeunes eux visent le trou… Nous [les golfeurs d’expérience],
on a tendance à voir de la pente là où il n’y
en a pas.»
Viser l’excellence
De plus en plus, on se rend compte que les joueurs qui performent année
après année sont qui témoignent davantage de maîtrise
que de force dans leur sport. Nous avons notre Tiger Wood au Québec.
Jouer au golf avec concentration nécessite qu’on se fixe
des objectifs.
«Aujourd’hui, quand je maquais un chip, j’avais un bon
green… J’ai gardé mon focus et avant de partir, Mathieu
et moi on s’était dit -9 cumulatif. Je visais moins cinq.
Je me suis dit qu’à moins neuf, on serait bien. C’était
des conditions parfaites, et moi j’avais peur puisque je suis un
joueur de vent et de conditions difficiles. Après le 7e trou, j’étais
rendu à -9, alors on s’est dit : “On va se rendre à
-12.”»
Le joueur confiait avoir frappé ses balles avec de l’adrénaline,
mais aussi avec de la crainte. Les erreurs sont faciles et il est plus
facile de jouer en mauviette que de prendre le risque d’accomplir
des aigles tout le temps. Les trous 12, 13 et 14 sont réputés
au club Falcon pour être particulièrement difficiles, mais
quand on possède de solides coups roulés, on peut s’en
permettre. Plutôt que de craindre, il faut oser.
La motivation de jouer au golf
«Le
tournoi des maitres, c’est plus qu’un tournoi pour moi»,
confiait le professionnel. En blague, celui-ci lançait :
«…maintenant, je peux prendre ma retraite! Des fois, tu te
cherches au golf, ça m’a donné le bonheur de rejouer.
Les raisons pour lesquelles je joue au golf, j’en ai trois (ses
enfants). Il faut que je trouve des sources de motivations. L’argent,
c’est important parce que le golf est une source de revenus importante
pour moi. Cette semaine j’ai essayé de laisser ça
aller. Je suis allé camper avec Mathieu et j’essayer d’avoir
une ambiance le fun.»
La compétition est difficile et il est facile de perdre les vrais
motifs d’un tel sport. N’empêche, quel stress doit avoir
la dernière voiturette lorsque son score est de 64! Il s’agit
d’autant plus d’un exploit que le terrain du club de golf
Falcon, comporte 7081 verges.
«Je voyais que Ben Boudreau était à moins 6 et j’étais
à moins 8. J’ai vu Thivierge a fait un maudit long pot. Je
me suis dit, si je peux garder un écart de deux ou trois coups
avec Vincent Dumouchel, en avant il va falloir qu’ils fassent une
grosse ronde.»
Un exploit siamois
Benoit Lemieux, jeune professionnel de 26 ans et entraineur adjoint du
programme golf étude de l’AGP à Verchère, était
bien content de sa journée : «C’est ma meilleure ronde
à vie! C’est la première fois que ça m’arrive!»
Ni plus, ni moins, le golfeur a égalé le record de Bouchard.
Le professionnel a réussi un aigle et sept oiselets. Puisqu’il
est difficile d’atteindre la perfection, ce dernier a terminé
sa journée sur un boguey au 18e. En parcours amical (sur un terrain
beaucoup plus facile), il avait obtenu 68 pour meilleur score à
Verchère. Commentant son exploit, il décrivit une philosophie
très proche de celle de Rémi Bouchard. «. Moi, mon
but, c’est d’avoir du fun. Ce tournoi, c’est quelques
jours de vacances.» Avec un cumulatif de -1, ce joueur n’a
pas gagné le tournoi, mais a certainement laissé sa marque.
Classique Honda-Tilteist (15 au 17 juillet)
Questionné à propos de son travail de caddie, Mathieu Bouchard
dit qu’il va sûrement revenir dépendamment de sa paye.
La prochaine bourse — d’un montant de 50 000 $ — se
disputera au club de golf Islemere la semaine prochaine. Avec l’argent
gagné pour ce tournoi, le père disait en souriant qu’il
paierait des patins pour son fils… et son hypothèque.
Pascal Gagné
Journaliste, Accès Golf.com
|